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Assurance des marchandises transportées à Marseille

L'assurance sur facultés indemnise la marchandise à sa valeur, sans avoir à prouver la faute de quiconque. C'est ce qui la sépare du recours contre le transporteur, plafonné au poids et truffé d'exceptions. Sur le bassin de Marseille-Fos, nous couvrons les flux maritimes, aériens et routiers, au voyage ou par abonnement.

★★★★★ 4,8/5 — 291 avis Google 25 ans sur les flux import-export 2 agences à Marseille
Faire étudier mes flux Questions fréquentes

Assurer la marchandise, pas la responsabilité

Deux logiques d'assurance cohabitent dans le transport, et les confondre coûte cher.

La première assure une responsabilité : celle du transporteur, du commissionnaire, de l'entreposeur. Elle joue si une faute leur est imputable, dans la limite d'un plafond fixé par le régime applicable au mode utilisé.

La seconde assure la marchandise elle-même, à la valeur déclarée. On parle d'assurance sur facultés, ou d'assurance ad valorem. Elle indemnise le propriétaire quelle que soit la cause du dommage, y compris quand personne n'est responsable : tempête, incendie à bord, jet à la mer, disparition d'un conteneur sans explication.

Sur le bassin de Marseille-Fos, premier port français, la seconde est presque toujours la seule qui protège réellement l'importateur ou l'exportateur. La première protège l'intermédiaire — c'est le sujet de notre page sur les commissionnaires de transport et transitaires.

Pourquoi le recours contre le transporteur ne suffit pas

« Le transporteur est assuré, je suis couvert. » C'est la phrase que nous entendons le plus, et elle est fausse pour quatre raisons cumulatives.

  1. L'indemnité est plafonnée au poids ou au colis. Les régimes applicables — convention CMR pour la route internationale, contrats types pour le national, règles maritimes, convention aérienne — fixent des limites sans aucun rapport avec la valeur de ce que vous expédiez. Un colis léger et coûteux est structurellement mal indemnisé.
  2. La responsabilité connaît des causes d'exonération. Force majeure, vice propre de la marchandise, faute du chargeur, emballage insuffisant, arrimage réalisé par l'expéditeur : dans tous ces cas, le transporteur ne doit rien.
  3. Le maritime est un régime à part. Le transporteur maritime dispose d'une liste de cas exceptés particulièrement large, qui recouvre notamment la faute nautique et l'incendie. Autrement dit, sur la traversée, le recours est l'exception plutôt que la règle.
  4. Le recours doit encore aboutir. Transporteur insolvable, établi hors de l'Union, introuvable après une sous-traitance en cascade, réserves mal formulées à la livraison : chacune de ces situations éteint le recours, quelle que soit la réalité du dommage.
Bon à savoir : l'assurance facultés joue immédiatement, puis c'est l'assureur qui exerce le recours contre le transporteur et en supporte l'échec. Vous êtes indemnisé en semaines plutôt qu'en années, et vous ne portez pas le risque de l'insolvabilité de la chaîne.

Incoterms : qui supporte le risque, qui doit assurer

L'incoterm choisi au contrat de vente détermine le point exact où le risque bascule du vendeur à l'acheteur. Deux principes gouvernent tout le reste.

Premier principe : le transfert des risques ne coïncide pas avec le transfert de propriété. On peut être encore propriétaire d'une marchandise dont on ne supporte plus le risque, et inversement. Seul compte, pour l'assurance, qui supporte le risque au moment du dommage.

Second principe : seuls deux incoterms imposent d'assurer — CIF et CIP, où le vendeur doit souscrire la couverture pour le compte de l'acheteur, avec un niveau de garantie qui n'est d'ailleurs pas le même dans les deux cas. Sous tous les autres, personne n'est contractuellement tenu d'assurer. Ce qui ne signifie pas que le risque disparaît : il pèse simplement sur celui qui le supporte, assuré ou non.

SituationQui supporte le risqueObligation d'assurer
EXW, FCA, FOB, FAS L'acheteur, dès la remise ou le chargement au départ Aucune — à souscrire par l'acheteur
CFR, CPT L'acheteur, alors que le vendeur paie le transport Aucune — piège classique
CIF, CIP L'acheteur Le vendeur assure pour le compte de l'acheteur
DAP, DPU, DDP Le vendeur, jusqu'à destination Aucune — à souscrire par le vendeur
Le piège FOB et CFR : le vendeur organise et parfois paie le transport maritime, mais le risque est déjà passé à l'acheteur. Chacun croit que l'autre a assuré. Le jour où le conteneur est perdu, personne ne l'a fait — et l'acheteur supporte la perte sèche. C'est, de très loin, le sinistre non indemnisé le plus fréquent en import.

Police au voyage ou police d'abonnement

La police au voyage couvre une expédition déterminée. Elle se souscrit avant le départ, sur la base d'une déclaration précise : nature, valeur, trajet, mode. C'est la solution des flux occasionnels ou des envois exceptionnels par leur valeur.

La police d'abonnement — ou police flottante — couvre l'ensemble des expéditions d'une période. Chaque envoi est déclaré au fil de l'eau, ou la prime est assise sur le chiffre d'affaires transporté. Trois avantages décisifs dès que les flux deviennent réguliers :

Une troisième forme existe, souvent méconnue : la police tiers-chargeur, souscrite par un transitaire ou un commissionnaire pour le compte de ses clients. Elle lui permet de proposer la couverture à ses donneurs d'ordre, et de documenter le devoir de conseil qui pèse sur lui.

Tous risques, FAP sauf, et les extensions

Deux niveaux de garantie structurent le marché, quel que soit l'assureur.

La garantie « tous risques » couvre les dommages et pertes matérielles quelle qu'en soit la cause, sauf ce qui est expressément exclu. C'est le niveau à retenir dans la quasi-totalité des cas : le surcoût par rapport au niveau inférieur est faible, l'écart de couverture est considérable.

La garantie « FAP sauf » — franc d'avaries particulières sauf — ne joue que sur une liste fermée d'événements majeurs : naufrage, échouement, abordage, incendie, déraillement, chute du colis pendant les opérations de manutention. Le vol, la casse ou la mouille en cale n'y figurent pas. Elle se justifie sur des vracs pondéreux de faible valeur, rarement ailleurs.

Trois points s'ajoutent au niveau de garantie, et méritent d'être vérifiés ligne à ligne :

L'avarie commune, le risque que personne n'anticipe

C'est la particularité maritime la plus brutale, et la plus mal connue des chargeurs.

L'avarie particulière est le dommage ordinaire : il touche votre marchandise, il est pour vous. L'avarie commune est tout autre chose. Lorsqu'un sacrifice ou une dépense extraordinaire est décidé pour sauver l'expédition — jeter des conteneurs à la mer pour redresser le navire, dérouter vers un port de refuge, faire appel au remorquage, éteindre un incendie en noyant une cale — tous les intérêts engagés contribuent au prorata de leur valeur : navire, fret, et chaque marchandise à bord.

La conséquence est contre-intuitive et sévère : votre conteneur peut arriver parfaitement intact et vous devoir une contribution. Tant qu'elle n'est pas garantie, la marchandise n'est pas livrée. Il faut signer le compromis d'avarie commune et fournir une garantie financière.

Assuré ou non, l'écart est total. Avec une police facultés, l'assureur délivre la garantie, la marchandise est libérée sans délai et il prend la contribution en charge. Sans assurance, il faut mobiliser une caution bancaire, avancer une somme parfois sans rapport avec la valeur du chargement, et attendre des mois — souvent des années — la liquidation du dossier par le dispacheur.

Ce qui n'est jamais couvert

  1. Le vice propre de la marchandise. Ce qui se dégrade par sa nature même : fermentation, oxydation, maturation d'un produit frais. L'assurance couvre les accidents du transport, pas la nature du produit.
  2. L'insuffisance ou l'inadaptation de l'emballage. C'est en pratique la première cause de refus d'indemnité. L'emballage doit résister aux contraintes normales du mode utilisé — et une palette conçue pour un trajet routier de deux heures ne tient pas trois semaines de mer.
  3. La freinte naturelle de route : les pertes de poids ou de volume inhérentes au transport de certaines marchandises.
  4. Le retard seul, lorsqu'il n'entraîne aucun dommage matériel. Le préjudice commercial du retard relève d'une autre logique contractuelle.
  5. La faute intentionnelle de l'assuré, que le droit des assurances interdit de garantir.

La guerre, les grèves et les actes de terrorisme ne sont pas des exclusions définitives : ils sortent de la garantie de base mais se rachètent par extension.

Les réserves à la livraison : le réflexe qui sauve le recours

C'est le conseil le plus utile de cette page, et le moins coûteux à appliquer. À la livraison, le réceptionnaire doit porter sur le document de transport des réserves écrites, précises et motivées.

Précises signifie : « trois cartons enfoncés en partie basse, film étirable déchiré sur la face avant, palette n°4 ». Une mention générale du type « sous réserve de déballage » ou « sous réserve de contrôle » est sans valeur juridique : elle ne conserve aucun droit.

Ces réserves doivent ensuite être confirmées au transporteur par écrit, dans des délais courts qui varient selon le mode et selon que le dommage était ou non apparent à la livraison. Passé ce délai, la marchandise est réputée livrée conforme.

Pourquoi cela vous concerne même bien assuré : l'assureur qui vous indemnise se retourne ensuite contre le transporteur. Si le recours a été perdu faute de réserves régulières, il peut réduire son indemnité à hauteur du recours qu'il ne peut plus exercer. Former les équipes de réception coûte une heure et protège chaque dossier de l'année.

Trois situations qui reviennent

Les trois situations qui suivent sont des exemples pédagogiques, pas des dossiers de l'agence. Chacune illustre le même déplacement : le propriétaire de la marchandise croit que le transporteur paiera, et découvre que la question n'est pas celle-là.

Le conteneur mouillé

Un lot de textile arrive du port avec un conteneur dont l'étanchéité a cédé. La marchandise est invendable. Le recours contre le transporteur maritime existe, mais il est plafonné au colis et suppose de démontrer une faute — une procédure longue, à l'issue incertaine. Avec une police facultés, l'importateur est indemnisé sur la valeur assurée, et c'est l'assureur qui exerce le recours à sa place.

Ordre de grandeur : la totalité du lot, contre une fraction par la voie du recours

L'avarie commune, marchandise intacte

Un incendie se déclare en cale. Le navire est sauvé, et la marchandise du chargeur n'a rien. Il reçoit pourtant une demande de contribution aux frais de sauvetage, et sa marchandise est retenue tant qu'une garantie n'est pas fournie. La police facultés prend en charge cette contribution ; sans elle, il faut avancer des fonds pour récupérer un lot que rien n'a touché.

Ordre de grandeur : une contribution proportionnelle à la valeur du lot, marchandise indemne

La palette acceptée sans réserve

Un lot est livré en fin de journée. Le magasinier signe le bon de livraison sans rien inscrire, et le carton écrasé n'est découvert que le lendemain. Le recours contre le transporteur suppose des réserves écrites, précises et formulées dans le délai propre au mode de transport : faute de réserves, il devient très difficile à tenir. La police facultés, elle, indemnise le dommage indépendamment de ce réflexe manqué.

Ordre de grandeur : un lot perdu pour une ligne non écrite sur un bon de livraison

Le point commun des trois : assurer la marchandise et exercer un recours contre le transporteur ne sont pas deux façons de faire la même chose. La première paie vite et sur la valeur ; la seconde suppose une faute, un délai et un plafond.

Ce qui fait varier le prix

L'assurance facultés se tarifie en taux appliqué à la valeur assurée. Nous ne publions pas de fourchette : l'écart entre deux flux est trop large pour qu'une moyenne veuille dire quelque chose. Ce qui pèse réellement :

Des flux se racontent ; ils ne se cochent pas. Origines, destinations, valeurs unitaires, fréquence, ruptures de charge : nous les reprenons avec vous avant d'annoncer un montant, au premier rendez-vous et sans engagement.

FAQ — 10 questions sur l'assurance des marchandises transportées

Qu'est-ce que l'assurance des marchandises transportées ?
C'est un contrat qui assure la marchandise elle-même, à sa valeur déclarée, pendant son acheminement. On l'appelle aussi assurance sur facultés ou assurance ad valorem. Elle indemnise le propriétaire de la marchandise quelle que soit la cause du dommage et sans avoir à établir la responsabilité de qui que ce soit.
Le transporteur étant responsable, pourquoi assurer la marchandise ?
Parce que sa responsabilité est à la fois plafonnée et pleine d'exceptions. Elle est limitée au poids ou au colis, sans rapport avec la valeur réelle. Elle tombe en cas de force majeure, de vice propre de la marchandise ou d'emballage insuffisant. Et en maritime, elle s'efface devant une longue liste de cas exceptés. Le recours est un espoir, pas une couverture.
Quelle différence entre ad valorem et responsabilité du transporteur ?
L'ad valorem assure la valeur de la marchandise : vous êtes indemnisé de ce que vous avez perdu. La responsabilité du transporteur indemnise à hauteur d'un plafond légal, et seulement si la faute lui est imputable. Sur un conteneur de valeur, l'écart entre les deux se compte régulièrement en dizaines de milliers d'euros.
Quels incoterms obligent à souscrire une assurance ?
Deux seulement : CIF et CIP, qui mettent l'assurance à la charge du vendeur. Sous tous les autres, personne n'est contractuellement tenu d'assurer — ce qui ne veut pas dire que personne ne supporte le risque. Celui qui le supporte au moment du dommage est celui qui perd la marchandise s'il ne l'a pas assurée.
Sous incoterm FOB, qui doit assurer la traversée ?
L'acheteur. Le risque lui est transféré dès que la marchandise est chargée à bord au port de départ : tout ce qui arrive ensuite est pour lui. C'est le malentendu le plus fréquent en import, l'acheteur supposant que le vendeur couvre le transport maritime parce qu'il l'a organisé. Organiser et supporter le risque sont deux choses différentes.
Police au voyage ou police d'abonnement ?
La police au voyage couvre une expédition, souscrite avant le départ. La police d'abonnement couvre tous les flux de la période et se déclare au fil de l'eau : la garantie s'applique dès la prise en charge, même si la déclaration suit. Dès que les expéditions deviennent régulières, l'abonnement coûte moins cher et supprime le risque d'oubli, qui est le premier sinistre non indemnisé.
Qu'est-ce que l'avarie commune ?
Un régime maritime : lorsqu'un sacrifice ou une dépense extraordinaire est décidé pour sauver l'expédition — jeter des conteneurs à la mer, dérouter vers un port de refuge, faire remorquer le navire — tous les intérêts engagés y contribuent au prorata de leur valeur. Votre marchandise peut être intacte et vous devoir une contribution.
Que se passe-t-il en avarie commune si je ne suis pas assuré ?
Votre marchandise est retenue jusqu'à ce que vous fournissiez une garantie financière et signiez le compromis d'avarie commune. Sans assureur derrière vous, il faut mobiliser une caution bancaire et avancer la contribution, parfois pour un montant sans rapport avec la valeur du chargement, et attendre des mois la liquidation du dossier.
Que faut-il faire à la livraison si la marchandise est endommagée ?
Formuler des réserves écrites, précises et motivées sur le document de transport, au moment de la livraison — « 3 cartons enfoncés, film étirable déchiré sur la face avant », jamais « sous réserve de déballage », qui ne vaut rien. Confirmer ensuite au transporteur dans les délais, courts, propres à chaque mode. Sans réserves régulières, le recours est perdu, y compris pour l'assureur.
Qu'est-ce qui n'est jamais couvert ?
Le vice propre de la marchandise, l'insuffisance ou l'inadaptation de l'emballage — première cause de refus en pratique —, la freinte naturelle de route, le retard seul lorsqu'il n'accompagne aucun dommage matériel, et la faute intentionnelle de l'assuré. La guerre et les grèves ne sont pas exclues mais font l'objet d'une extension distincte.

Sous quel incoterm achetez-vous ?

C'est la première question que nous posons, et elle suffit souvent à révéler un flux entier non assuré. Apportez vos conditions d'achat ou de vente et un relevé de vos expéditions de l'année : nous vous dirons qui supporte le risque, et sur quoi vous êtes découvert. Sans engagement.

Agence La Rouvière — Marseille 9ᵉ

83 Boulevard du Redon, 13009 Marseille

Lun-Ven : 9h-12h30 / 13h30-17h30 · Sam : 9h-12h30

04 91 59 10 54 · ★ 4,8 (190 avis)

Itinéraire Google Maps

Ce rendez-vous n'a pas besoin d'avoir lieu dans une agence. Nous nous déplaçons sur vos sites : la nature réelle des marchandises, leur conditionnement, les ruptures de charge et les incoterms que vous signez se lisent bien mieux devant une palette et un connaissement que sur un formulaire.