Un artisan du bâtiment correctement assuré ne l'est pas par un contrat, mais par
quatre garanties qui se répondent : la décennale, la responsabilité civile
d'exploitation, le matériel et l'outillage, le véhicule. Une seule est obligatoire —
et ce sont presque toujours les trois autres qui manquent le jour du sinistre.
★★★★★4,8/5 — 297 avis Google25 ans auprès des artisans du 132 agences à Marseille
Quand un artisan nous dit « je suis assuré », il pense presque toujours à sa
décennale. C'est la seule qui soit obligatoire, la seule qu'on lui réclame, la seule
dont l'attestation traîne dans le fourgon. C'est aussi celle qui couvre le
moins de sinistres au quotidien.
Garantie
Ce qu'elle couvre
Statut
Responsabilité décennale
Dommages compromettant la solidité ou l'usage de l'ouvrage, après réception
Obligatoire
RC exploitation
Dommages causés aux tiers pendant les travaux
Non obligatoire, souvent absente
Matériel et outillage
Vol, incendie et casse, en dépôt, en véhicule et sur chantier
Sous conditions de rangement
Véhicule professionnel
Le véhicule, son aménagement et son chargement
Obligatoire pour le véhicule seul
Protection juridique
Litiges de chantier, impayés, contestations de réception
Fortement conseillée
Prévoyance du chef d'entreprise
Arrêt de travail, invalidité, décès
La garantie la plus oubliée
Les trois sinistres les plus fréquents d'une entreprise artisanale ne sont pas des
sinistres décennaux : c'est un vol d'outillage, un dommage causé chez un client
pendant les travaux, et un arrêt de travail du patron. Aucun des trois ne relève du
contrat obligatoire.
Le contrat se rédige métier par métier
La garantie décennale ne joue que pour les activités énumérées aux conditions
particulières. Pas pour « le bâtiment », pas pour votre code d'activité :
pour une liste, mot à mot. Et les nomenclatures d'assureurs découpent bien plus
finement que le langage courant.
Maçonnerie et gros œuvre — la maçonnerie courante, le béton armé,
les fondations spéciales et les reprises en sous-œuvre ne sont pas la même ligne. Le
terrain marseillais, entre argiles gonflantes et pentes, met le sujet en avant plus
qu'ailleurs.
Plomberie et chauffage — sanitaire, chauffage, climatisation et
pompe à chaleur se déclarent séparément. Le glissement vers la rénovation
énergétique fait sortir beaucoup d'artisans de leur périmètre sans qu'ils s'en
aperçoivent.
Électricité — installation courants forts, courants faibles,
photovoltaïque, bornes de recharge : quatre lignes distinctes, dont les deux
dernières sont récentes et souvent absentes des contrats anciens.
Couverture, étanchéité, façade — les métiers les plus exposés du
lot, et ceux où l'écart entre l'activité déclarée et l'activité réelle se paie le
plus cher.
Menuiserie, plâtrerie, revêtements — pose intérieure et pose
extérieure, cloisons et doublages, carrelage et sols souples : autant de lignes.
Le réflexe qui évite le découvert : chaque fois que votre carnet de
commandes glisse vers un nouveau type de travaux, appelez avant d'ouvrir le chantier.
L'avenant prend quelques minutes. Sans lui, un travail parfaitement exécuté peut se
retrouver hors garantie pendant dix ans — la qualité de l'exécution n'entre même pas
en discussion, seule compte la liste déclarée.
Le vol d'outillage sur chantier
C'est le sinistre le plus fréquent des entreprises artisanales du département, et le
plus mal couvert. Un chantier est un local ouvert, souvent sans gardiennage, dont les
horaires de présence sont connus du voisinage. Le matériel y stationne, et il part.
La garantie existe, mais elle est conditionnelle par construction. Le
vol simple — la disparition sans trace d'entrée forcée — n'est presque jamais couvert.
Ce que le contrat garantit, c'est le vol avec effraction caractérisée, sous des
conditions de rangement précises :
en dépôt : local fermé à clé, parfois avec exigence de moyens de
protection décrits au contrat ;
en véhicule : véhicule verrouillé, traces d'effraction constatées,
et fréquemment une exclusion ou une réduction pour le stationnement sur voie
publique la nuit ;
sur chantier : matériel rangé dans un local ou un coffre fermé, et
non laissé apparent en fin de journée.
Trois points se vérifient avant de signer, et pas au moment de la déclaration : le
plafond par sinistre — un fourgon complet part vite au-dessus d'un
plafond calculé sur l'outillage à main —, la base d'indemnisation,
valeur à neuf ou vétusté déduite, et le traitement du matériel loué,
dont vous êtes gardien sans en être propriétaire.
Bon à savoir : tenez à jour un inventaire du matériel avec les
factures et les numéros de série. C'est fastidieux et c'est ce qui, au sinistre, fait
la différence entre une indemnisation rapide et une discussion de plusieurs mois sur
ce que vous possédiez réellement.
Faire étudier votre situation
Vous lisez cette page parce que le sujet vous concerne. Dites-nous où vous en êtes : l'agence Allianz Nogaro & Boetti vous rappelle sous un jour ouvré, sans engagement, et part de votre situation réelle plutôt que d'une case cochée en ligne.
Le véhicule atelier et la flotte
Un fourgon aménagé n'est pas une voiture. Il transporte un atelier, et cet atelier
représente souvent plus de valeur que la carrosserie. Or, l'aménagement et le
chargement ne sont couverts que s'ils ont été déclarés et valorisés :
établi, rayonnage, groupe électrogène, compresseur, échafaudage, outillage embarqué.
À défaut, l'indemnisation d'un vol ou d'un incendie porte sur le véhicule nu. C'est
une des déconvenues les plus banales du métier, et elle se corrige en une déclaration.
Au-delà de trois à cinq véhicules, un contrat
flotte automobile
devient plus simple qu'une série de contrats individuels : une échéance unique, un
seul interlocuteur, une sinistralité appréciée globalement, et l'entrée ou la sortie
d'un véhicule traitée par simple avis plutôt que par nouveau contrat.
La sous-traitance : votre responsabilité reste entière
Faire appel à un confrère pour un lot que vous ne maîtrisez pas est courant, et
parfaitement légitime. Mais cela ne déplace pas votre responsabilité :
face au maître d'ouvrage, l'entreprise principale répond de l'ensemble de
l'ouvrage, y compris de ce qu'elle a fait exécuter par un autre.
Vous indemnisez donc d'abord, et vous exercez votre recours ensuite. Ce recours ne
vaut que ce que vaut l'assurance de votre sous-traitant. S'il n'est pas assuré, s'il a
cessé son activité, ou si son contrat ne couvrait pas l'activité qu'il a exécutée pour
vous, le sinistre reste chez vous.
Deux réflexes de gestion suffisent à fermer le sujet : exiger l'attestation
avant l'intervention, et vérifier qu'elle mentionne l'activité
réellement confiée — une attestation valide pour un autre lot ne vous protège de rien.
Ces attestations se collectent chaque année, comme les vôtres.
Décennale, biennale, parfait achèvement
Trois régimes se succèdent après la réception de l'ouvrage, et ils sont régulièrement
confondus dans les échanges avec les clients :
Le parfait achèvement, un an. L'entreprise reprend les désordres
signalés à la réception ou dénoncés dans l'année. C'est une obligation qui pèse sur
vous, exécutée sur vos moyens : ce n'est pas une garantie d'assurance.
Le bon fonctionnement, deux ans. Il vise les éléments d'équipement
dissociables de l'ouvrage — ceux que l'on peut déposer sans abîmer le support.
La décennale, dix ans. Elle ne joue que sur les dommages qui
compromettent la solidité de l'ouvrage ou le rendent impropre à sa destination. Un
défaut esthétique, aussi désagréable soit-il, n'en relève pas.
Vous démarrez et c'est votre première décennale ? Le parcours de souscription, les
justificatifs et les motifs de refus sont détaillés sur la page
décennale
auto-entrepreneur.
Trois situations qui reviennent
Les trois situations qui suivent sont des exemples pédagogiques, pas
des dossiers de l'agence. Aucune des trois ne relève de la garantie décennale — et
c'est précisément le point.
Le fourgon vidé pendant la nuit
Un plombier laisse son fourgon devant chez lui, chargé de l'outillage de la
semaine. Au matin, portière forcée, véhicule vide. Le contrat couvrait le véhicule,
mais l'outillage n'avait jamais été déclaré et la garantie vol du chargement n'avait
pas été souscrite. L'indemnisation porte sur la portière, pas sur l'atelier.
Ordre de grandeur : l'outil de travail complet, à racheter
Le dégât des eaux chez le voisin
Une entreprise intervient sur une colonne d'immeuble ; une manœuvre provoque une
fuite qui inonde l'appartement du dessous. Le chantier n'est pas réceptionné, le
dommage ne touche pas l'ouvrage mais un tiers : la décennale n'a rien à en connaître.
Sans responsabilité civile d'exploitation, l'entreprise règle seule les travaux de
remise en état.
Ordre de grandeur : la réfection d'un appartement, plus le
relogement
Le sous-traitant introuvable
Une entreprise générale confie l'étanchéité d'une terrasse à un confrère.
Quatre ans plus tard, des infiltrations rendent la pièce inutilisable. Le maître
d'ouvrage se retourne contre l'entreprise principale, qui répond de l'ensemble. Le
sous-traitant a cessé son activité : le recours n'a plus d'objet, et le sinistre
reste entier.
Ordre de grandeur : la reprise d'un lot technique, des années
après
Ce qui fait varier le prix
Nous ne publions pas de fourchette : sur ce métier, deux entreprises du même corps
d'état et du même chiffre d'affaires peuvent présenter des primes sans commune mesure.
Ce qui pèse réellement :
les activités déclarées et leur exposition — une étanchéité ne pèse pas comme une pose de sol ;
le chiffre d'affaires et l'effectif, qui servent d'assiette ;
la part de sous-traitance par rapport au travail exécuté en propre ;
la valeur du matériel à garantir et les lieux de stationnement du véhicule ;
le nombre de véhicules et leur usage réel ;
la sinistralité des derniers exercices et l'antériorité d'assurance.
Le seul chiffre honnête est celui qui sort d'un audit de vos contrats en cours. Nous
les ouvrons ensemble au premier rendez-vous, sans engagement.
FAQ — 10 questions sur l'assurance des artisans du bâtiment
De quoi se compose l'assurance d'un artisan du bâtiment ?
De quatre briques distinctes, qu'un contrat unique peut réunir : la responsabilité décennale, obligatoire dès qu'on intervient comme constructeur ; la responsabilité civile d'exploitation, qui couvre les dommages causés aux tiers pendant les travaux ; la garantie du matériel et de l'outillage, y compris sur chantier ; et le véhicule professionnel. Seule la première est obligatoire.
Un maçon, un plombier et un électricien ont-ils le même contrat ?
La structure est la même, le contenu non. La garantie ne joue que pour les activités énumérées aux conditions particulières, et les nomenclatures d'assureurs découpent finement : gros œuvre et béton armé, plomberie et chauffage, électricité et courants faibles, menuiserie intérieure et extérieure. Le contrat se rédige métier par métier, lot par lot.
Mon outillage volé sur un chantier est-il couvert ?
Seulement si la garantie a été souscrite et si les conditions de rangement prévues au contrat ont été respectées. Le vol se garantit presque toujours sous condition d'effraction caractérisée : local fermé à clé, véhicule verrouillé, coffre ou caisse fermée selon les cas. Du matériel laissé apparent dans un chantier ouvert n'entre généralement pas dans le champ.
Mon fourgon aménagé est-il assuré comme une voiture ?
Non, et l'écart se paie au sinistre. L'aménagement — établi, rayonnage, groupe électrogène, compresseur — et l'outillage transporté ne sont couverts que s'ils ont été déclarés et valorisés. À défaut, l'indemnisation d'un vol ou d'un incendie porte sur le véhicule nu, sans ce qu'il y avait dedans ni ce qui y avait été monté.
À partir de combien de véhicules faut-il un contrat flotte ?
En pratique, à partir de trois à cinq véhicules, un contrat flotte devient plus simple et plus lisible qu'une série de contrats individuels : une seule échéance, un seul interlocuteur, et une sinistralité appréciée globalement plutôt que véhicule par véhicule. En dessous, l'intérêt est surtout administratif.
Mes sous-traitants doivent-ils être assurés ?
Oui, et c'est vous qui devez le vérifier. Face au maître d'ouvrage, l'entreprise principale répond de l'ensemble de l'ouvrage, y compris de ce qu'elle a fait exécuter. Votre recours contre le sous-traitant ne vaut que ce que vaut son assurance : collecter l'attestation avant l'intervention, et la renouveler chaque année, est un réflexe de gestion autant que de couverture.
Que se passe-t-il si j'exerce une activité non déclarée au contrat ?
Le chantier concerné n'est pas couvert par la garantie décennale, quelle que soit la qualité du travail : c'est la liste des activités mentionnées aux conditions particulières qui définit le champ, pas le métier au sens courant. Ajouter une activité se fait par avenant, avant le chantier, et prend quelques minutes.
Quelle différence entre décennale, biennale et parfait achèvement ?
Trois régimes qui se succèdent après la réception. Le parfait achèvement couvre un an, à la charge de l'entreprise elle-même, qui doit reprendre les désordres signalés. La garantie de bon fonctionnement couvre deux ans et vise les éléments d'équipement dissociables de l'ouvrage. La décennale couvre dix ans et ne joue que sur les dommages qui compromettent la solidité ou rendent l'ouvrage impropre à sa destination.
Un client refuse de payer : mon assurance intervient-elle ?
Pas la décennale ni la responsabilité civile, qui couvrent des dommages, pas des impayés. C'est la protection juridique qui prend en charge l'analyse du litige, la mise en demeure et, le cas échéant, les frais de procédure. Elle se souscrit à part, et se révèle surtout utile sur les contestations de réception et les retenues de garantie.
Combien coûte l'assurance d'un artisan du bâtiment ?
Nous ne publions pas de tarif indicatif. La prime dépend des activités déclarées, du chiffre d'affaires, de l'effectif, de la part de sous-traitance, de la valeur du matériel à garantir, du nombre de véhicules et de la sinistralité des derniers exercices. Deux entreprises du même corps de métier peuvent présenter des primes très différentes : le chiffre sort d'un audit, pas d'une grille.
Faire étudier votre situation
Vous lisez cette page parce que le sujet vous concerne. Dites-nous où vous en êtes : l'agence Allianz Nogaro & Boetti vous rappelle sous un jour ouvré, sans engagement, et part de votre situation réelle plutôt que d'une case cochée en ligne.
Vos activités déclarées correspondent-elles à ce que vous faites ?
C'est la première chose que nous vérifions, et c'est là que se trouve le découvert
neuf fois sur dix. Apportez votre attestation décennale, vos conditions
particulières et trois devis récents : en une lecture, nous vous dirons ce qui n'est
pas couvert. Sans engagement.
Ce rendez-vous n'a pas besoin d'avoir lieu dans une agence. Une
demi-journée en agence, c'est une demi-journée de chantier perdue. Nous venons au
dépôt, à l'heure qui vous arrange — et voir le matériel, le fourgon et le local
vaut mieux que de les décrire au téléphone.