Le régime de la micro-entreprise n'exonère de rien : dès qu'il intervient comme
constructeur sur un ouvrage de bâtiment, l'auto-entrepreneur doit être couvert avant
l'ouverture du chantier. La difficulté n'est pas l'obligation, elle est connue — c'est
de faire accepter un premier dossier sans antériorité d'assurance.
★★★★★4,8/5 — 297 avis Google25 ans auprès des artisans du 132 agences à Marseille
Les Bouches-du-Rhône comptent parmi les départements où se créent le plus de
micro-entreprises du bâtiment. Beaucoup démarrent avec la même idée reçue :
l'assurance décennale serait une affaire d'entreprise constituée, et le régime
simplifié dispenserait d'y penser la première année.
L'obligation d'assurance ne regarde pas la forme juridique, elle regarde
l'activité. Elle s'impose à toute personne qui, en qualité de constructeur,
réalise des travaux de bâtiment sur un ouvrage soumis à cette obligation. Un carreleur
au régime micro, une SASU de couverture et une SARL de maçonnerie de trente salariés
sont assujettis exactement dans les mêmes termes.
Deux conséquences pratiques en découlent, et elles se vérifient dès le premier
chantier. L'attestation d'assurance doit pouvoir être remise au client, et elle est
systématiquement réclamée par les particuliers avertis, les syndics et les maîtres
d'œuvre. Et le défaut d'assurance, lorsqu'il est constaté chez un professionnel
assujetti, constitue une infraction pénale — la personne physique qui construit pour
elle-même y échappant, ce qui n'est évidemment pas votre cas.
Le piège du démarrage : un premier chantier accepté « pour se lancer »,
ouvert avant que le contrat ne soit signé, reste sans couverture décennale pendant dix
ans. Aucune souscription ultérieure ne le rattrape rétroactivement, sauf accord exprès
de l'assureur. C'est le sinistre que l'on découvre huit ans plus tard, quand
l'entreprise a grandi et que le chantier oublié refait surface.
Avant l'ouverture du chantier, pas après
C'est la date d'ouverture du chantier qui rattache un chantier à un
contrat. Ni la date du devis, ni celle de la facture, ni celle de la réception. Un
contrat souscrit le 15 ne couvre pas un chantier ouvert le 3, même si les travaux se
poursuivent après la souscription et même si la facture est postérieure.
La reprise des chantiers déjà ouverts existe, mais elle relève de la négociation, pas
du droit : elle suppose un accord écrit de l'assureur, une déclaration exhaustive des
chantiers concernés et, le plus souvent, une majoration. Elle se demande avant la
souscription, jamais après le premier problème.
Le délai à prévoir est le vrai sujet d'organisation. Entre l'envoi d'un dossier
complet et la remise de l'attestation, il s'écoule un temps qui n'est pas nul, et qui
s'allonge dès que des pièces manquent. Un créateur qui prospecte déjà a intérêt à
lancer sa souscription en même temps que son immatriculation, pas au moment de signer
son premier devis.
La déclaration d'activités : le point qui décide de tout
C'est le mécanisme le plus mal compris du contrat, et la première cause de découvert
chez les artisans que nous auditons. La garantie ne joue que pour les
activités énumérées aux conditions particulières. Pas pour le métier en
général, pas pour « le bâtiment » : pour une liste, mot à mot.
Un plaquiste assuré en cloisons et doublages qui accepte, pour rendre service, une
étanchéité de terrasse, travaille sur ce chantier-là sans couverture décennale. Non
parce qu'il aurait mal travaillé — la question de la faute ne se pose même pas — mais
parce que l'activité ne figurait pas au contrat.
Chaque activité se déclare séparément. Les nomenclatures d'assureurs
distinguent des lots que les artisans considèrent comme un même métier : maçonnerie
et béton armé, plomberie et chauffage, électricité et courants faibles.
La liste se relit à chaque évolution. Un carnet de commandes qui
glisse vers la rénovation énergétique, la pose de panneaux photovoltaïques ou la
piscine appelle un avenant. C'est un appel de dix minutes, pas une renégociation.
Les techniques non courantes sortent du champ standard. Un procédé
qui ne relève pas d'une norme ou d'un document technique unifié doit être signalé
avant le chantier : il se couvre, mais avec un accord spécifique.
Faire étudier votre situation
Vous lisez cette page parce que le sujet vous concerne. Dites-nous où vous en êtes : l'agence Allianz Nogaro & Boetti vous rappelle sous un jour ouvré, sans engagement, et part de votre situation réelle plutôt que d'une case cochée en ligne.
Le dossier d'un créateur sans antériorité
C'est la vraie difficulté du sujet, et la raison d'être de cette page. Un artisan qui
démarre n'a ni relevé d'information, ni sinistralité, ni bilan. L'assureur doit se
forger une conviction sur autre chose : votre capacité démontrable à exécuter
ce que vous déclarez.
Ce qu'un dossier complet contient, en pratique :
Pièce
Ce qu'elle établit
Extrait d'immatriculation
Existence de l'entreprise et activités enregistrées
Liste détaillée des activités
Le périmètre exact à garantir
Diplôme, titre ou CQP
La qualification sur le métier déclaré
Certificats de travail, bulletins de paie
L'expérience acquise comme salarié
Chiffre d'affaires prévisionnel
L'assiette de la prime et l'ordre de grandeur des chantiers
Part de sous-traitance envisagée
Ce que vous exécutez vraiment vous-même
Relevé d'information, s'il existe
L'antériorité et la sinistralité
Une reconversion se défend très bien, à condition d'être documentée. Un cuisinier
devenu plaquiste après un titre professionnel et deux ans d'alternance présente un
dossier plus solide qu'un artisan de dix ans d'ancienneté incapable de produire la
moindre pièce. Ce qui compte, c'est ce qui se prouve.
Ce qui fait refuser un dossier
Un refus n'est presque jamais un jugement sur la personne. Il tient à un critère
objectif que l'on peut anticiper, et souvent corriger :
des activités hors nomenclature ou relevant de techniques non
courantes, présentées sans dossier technique ;
une qualification non démontrable : ni diplôme, ni titre, ni preuve
d'expérience salariée sur le métier déclaré ;
une résiliation antérieure, particulièrement pour non-paiement de
prime ou après sinistres — elle se déclare, et la dissimuler expose bien plus que
l'avouer ;
une sous-traitance dominante : une entreprise qui fait exécuter
l'essentiel de ses chantiers ne présente pas le même risque qu'un artisan qui pose
lui-même ;
une déclaration incohérente : un chiffre d'affaires prévisionnel
sans rapport avec les moyens décrits appelle des questions avant de valoir un accord.
Bon à savoir : un dossier refusé chez un assureur n'est pas
irrécupérable. Dans la plupart des cas que nous reprenons, il manquait une pièce, une
activité était mal formulée, ou l'expérience n'avait tout simplement pas été jointe.
Reconstituer le dossier avant de le présenter ailleurs vaut mieux que multiplier les
demandes en l'état.
Refusé partout : la voie du Bureau central de tarification
L'obligation d'assurance a sa contrepartie. Une personne assujettie à qui la
couverture est refusée peut saisir le Bureau central de tarification,
organisme qui fixe la prime moyennant laquelle l'assureur désigné est tenu de la
garantir. Le droit d'exercer ne peut pas dépendre du seul bon vouloir du marché.
Trois précisions, parce que cette voie est mal connue et souvent mal engagée. Elle
suppose un refus caractérisé, pas une absence de réponse. Elle
s'engage rapidement après ce refus, avec un dossier complet : ce
n'est pas une démarche que l'on garde en réserve. Et la prime fixée n'a aucune raison
d'être avantageuse — c'est un filet de sécurité, pas une alternative de marché.
Ce que la décennale ne couvre pas
La confusion est quasi systématique chez les créateurs, et elle coûte cher : la
décennale ne joue qu'après la réception de l'ouvrage, et seulement
sur les dommages qui compromettent sa solidité ou le rendent impropre à sa
destination. Tout le reste relève d'autres garanties.
La responsabilité civile d'exploitation couvre les dommages causés
aux tiers pendant les travaux : le client qui chute sur votre chantier, l'outil qui
tombe sur un véhicule, le dégât des eaux chez le voisin. Elle n'est pas obligatoire,
donc souvent absente — et c'est pourtant le sinistre le plus fréquent des premières
années.
La garantie du matériel et de l'outillage : le vol sur chantier et
dans le véhicule est un risque quotidien dans le département. Elle se souscrit à
part et obéit à des conditions de rangement et de fermeture précises.
Le véhicule professionnel : un fourgon aménagé, chargé d'outillage,
n'est pas couvert comme une voiture particulière.
La protection juridique : les litiges de chantier, les impayés et
les contestations de réception occupent plus de temps qu'on ne l'imagine en démarrant.
Quand l'activité se structure, ces garanties se regroupent dans un contrat unique :
c'est l'objet de la page
assurance artisan du
bâtiment, qui décrit le pack complet métier par métier.
Trois situations qui reviennent
Les trois situations qui suivent sont des exemples pédagogiques, pas
des dossiers de l'agence. Elles ont un trait commun : dans aucune des trois, l'artisan
n'avait conscience de travailler sans couverture.
Le chantier ouvert trop tôt
Un carreleur s'immatricule, décroche une salle de bains et démarre la semaine
suivante ; il signe son contrat d'assurance quinze jours plus tard. Six ans après,
une infiltration rend la pièce inutilisable. Le chantier ayant été ouvert avant la
prise d'effet, il n'est rattaché à aucun contrat : la réparation reste à la charge
de l'entreprise, sur son patrimoine.
Ordre de grandeur : la reprise complète d'un ouvrage, des
années plus tard
L'activité rendue service
Un plaquiste assuré en cloisons accepte l'étanchéité d'une petite terrasse pour
ne pas perdre le client. Le travail est correct, mais un défaut apparaît après
réception. L'activité ne figurant pas aux conditions particulières, la garantie ne
joue pas — la qualité de l'exécution n'entre pas en discussion, seule compte la
liste déclarée.
Ordre de grandeur : un lot entier à reprendre, hors garantie
La chute pendant les travaux
Un client vient voir l'avancement, trébuche sur un câble et se blesse. Le
dommage survient avant réception et ne touche pas l'ouvrage : la décennale n'a rien
à en connaître. Sans responsabilité civile d'exploitation — non obligatoire, donc
rarement souscrite au démarrage — l'entreprise répond seule du préjudice corporel.
Ordre de grandeur : un préjudice corporel, sans plafond naturel
Ce qui fait varier le prix
Nous ne publions pas de tarif indicatif, et nous nous méfions de ceux qui le font :
deux micro-entreprises du même métier, au même chiffre d'affaires, peuvent présenter
des primes sans commune mesure. Ce qui pèse réellement :
les activités déclarées et leur nombre — un lot technique ne pèse pas comme une finition ;
le chiffre d'affaires attendu, qui sert d'assiette ;
l'expérience justifiée et la qualification produite au dossier ;
la part de sous-traitance par rapport au travail exécuté en propre ;
l'antériorité d'assurance et la sinistralité, s'il y en a une ;
les franchises retenues, garantie par garantie.
Le seul chiffre honnête est celui qui sort de l'étude de votre dossier. Nous
l'ouvrons ensemble au premier rendez-vous, sans engagement — et s'il manque une pièce,
nous vous disons laquelle avant de présenter le risque.
FAQ — 10 questions sur la décennale du micro-entrepreneur
Un auto-entrepreneur est-il vraiment obligé d'avoir une décennale ?
Oui, dès lors qu'il intervient comme constructeur sur un ouvrage de bâtiment. L'obligation d'assurance pèse sur l'activité exercée, pas sur la forme juridique ni sur le régime fiscal : la micro-entreprise n'ouvre aucune dérogation. Un artisan au régime micro et une SARL du même métier sont assujettis dans les mêmes termes.
À quel moment faut-il être assuré ?
Avant l'ouverture du chantier. C'est la date d'ouverture qui rattache un chantier à un contrat, pas la date de facturation ni celle de la réception. Un contrat souscrit après le démarrage ne couvre pas le chantier en cours, sauf accord exprès de l'assureur — accord qui se demande, se motive et ne se présume jamais.
Je débute et je sors de formation : puis-je être assuré sans expérience ?
Oui, mais le dossier se construit. L'assureur cherche à établir que vous savez faire ce que vous déclarez : diplôme ou titre professionnel, attestation d'un employeur précédent, feuilles de paie sur le métier, parcours de reconversion documenté. Une déclaration d'activité sans aucune pièce à l'appui est le premier motif de refus que nous voyons.
Quels documents me seront demandés ?
En pratique : l'extrait d'immatriculation de l'entreprise, la liste précise des activités que vous voulez exercer, vos justificatifs de qualification ou d'expérience, une estimation du chiffre d'affaires de la première année, la part que vous comptez sous-traiter, et le relevé d'information de votre assureur précédent si vous en avez eu un.
Pourquoi ma déclaration d’activités est-elle si importante ?
Parce que la garantie ne joue que pour les activités mentionnées aux conditions particulières. Un plaquiste assuré pour la pose de cloisons sèches qui accepte un chantier d'étanchéité de terrasse travaille sans couverture sur ce chantier-là — non parce qu'il a mal travaillé, mais parce que l'activité n'était pas au contrat. La liste se relit à chaque évolution du carnet de commandes.
Que couvre exactement la garantie décennale ?
Les dommages qui, après la réception de l'ouvrage, compromettent sa solidité ou le rendent impropre à sa destination. Cela vise le gros défaut structurel comme l'infiltration qui rend une pièce inhabitable, à condition que le dommage se révèle dans les dix ans de la réception. Les désordres purement esthétiques et l'usure normale n'en relèvent pas.
Qu'est-ce qui fait refuser un dossier ?
Quatre motifs dominent : des activités qui sortent de la nomenclature de l'assureur ou relèvent de techniques non courantes ; l'absence de qualification ou d'expérience démontrable ; une résiliation antérieure, singulièrement pour non-paiement ou pour sinistres ; et une part de sous-traitance très supérieure au travail exécuté en propre.
Si tous les assureurs me refusent, que puis-je faire ?
L'obligation d'assurance a sa contrepartie : une personne assujettie à qui l'assurance est refusée peut saisir le Bureau central de tarification, qui fixe alors la prime moyennant laquelle un assureur désigné devra la couvrir. C'est une voie de recours encadrée, à engager rapidement après le refus et avec un dossier complet — pas une formalité.
La décennale me couvre-t-elle pour tout ?
Non, et c'est la confusion la plus répandue. Elle ne joue qu'après la réception, et seulement sur les dommages de nature décennale. Le pied cassé d'un client sur votre chantier, l'outil qui tombe sur une voiture, le dégât des eaux causé chez le voisin pendant les travaux relèvent de la responsabilité civile, qui est un contrat distinct et non obligatoire — donc souvent absent.
Combien coûte une décennale pour un auto-entrepreneur ?
Nous ne publions pas de tarif indicatif. La prime se construit sur les activités déclarées, le chiffre d'affaires attendu, l'expérience justifiée, la part de sous-traitance et l'antériorité d'assurance : deux micro-entreprises du même métier peuvent présenter des primes sans commune mesure. Le seul chiffre honnête est celui qui sort de l'étude de votre dossier.
Faire étudier votre situation
Vous lisez cette page parce que le sujet vous concerne. Dites-nous où vous en êtes : l'agence Allianz Nogaro & Boetti vous rappelle sous un jour ouvré, sans engagement, et part de votre situation réelle plutôt que d'une case cochée en ligne.
Vous démarrez : montons le dossier avant le premier chantier
Apportez ce que vous avez — immatriculation, diplôme ou certificats de travail, la
liste des travaux que vous comptez faire. Nous vous dirons en une lecture ce qui
manque pour présenter le risque, et ce qu'il faut ajouter à la décennale pour
n'être pas seul le jour d'un accident de chantier. Sans engagement.
Ce rendez-vous n'a pas besoin d'avoir lieu dans une agence. Quand
vous êtes seul sur les chantiers, une matinée en agence est une matinée perdue : nous
venons à vous, dépôt ou domicile, à l'heure qui vous arrange. Le dossier se monte
pièces en main, pas au téléphone.