Le plan d'épargne retraite permet de déduire ses versements volontaires du revenu
imposable, dans la limite d'un plafond propre à chaque contribuable, et de sortir en
capital ou en rente. L'arbitrage décisif se prend à l'ouverture, pas à la retraite :
déduire aujourd'hui, ou ne pas être imposé demain.
★★★★★4,8/5 — 297 avis Google25 ans auprès des dirigeants marseillais2 agences à Marseille
Un chef d'entreprise passe sa carrière à réinvestir dans son outil de travail, en se
disant que la revente réglera la question de la retraite. C'est un pari raisonnable —
c'est aussi un pari sur un seul actif, à une seule date, dont ni le
prix ni l'acquéreur ne sont connus à l'avance.
À côté de ce pari, la pension issue des régimes obligatoires réserve une surprise
d'un autre ordre. Le travailleur non salarié cotise sur une assiette qu'il a souvent
cherché à optimiser année après année ; sa pension s'en ressent, mécaniquement.
Le taux de remplacement — le rapport entre la première pension et le dernier
revenu d'activité — est en règle générale plus faible pour un indépendant que pour un
salarié.
Le relevé de carrière est le document qui met fin aux approximations. Il se demande en
quelques minutes, il se lit à deux, et c'est par lui que nous commençons.
Individuel, collectif, obligatoire : trois PER
Le plan d'épargne retraite est issu de la loi PACTE. Il a remplacé, pour les nouvelles
souscriptions, le contrat Madelin, le PERP, l'article 83 et le PERCO — dispositifs qui
continuent d'exister pour ceux qui en détiennent, mais qui ne se souscrivent plus. Il
se décline en trois formes.
Accueille intéressement, participation et abondement
PER d'entreprise obligatoire
Une catégorie de personnel définie
Versements obligatoires, sortie en rente pour ce compartiment
Pour un dirigeant, la combinaison la plus fréquente associe un PER individuel, alimenté
selon les résultats de l'exercice, et — lorsque l'entreprise emploie du personnel — un
PER collectif qui sert d'outil de rémunération différée. Les deux ne s'excluent pas.
Les trois compartiments, et ce qu'ils changent
Un même PER contient jusqu'à trois compartiments, selon l'origine des sommes. Cette
distinction paraît administrative ; elle commande en réalité la fiscalité et
les modalités de sortie, compartiment par compartiment.
Les versements volontaires : ceux que vous décidez. Déductibles sur
option, sortie possible en capital.
L'épargne salariale : intéressement, participation, abondement de
l'employeur, jours de congé monétisés. Sortie possible en capital.
Les versements obligatoires : ceux imposés par un PER d'entreprise
obligatoire. Sortie en rente, et l'achat de la résidence principale
n'ouvre pas droit à un déblocage sur ce compartiment.
C'est la raison pour laquelle un PER se lit compartiment par compartiment.
Deux personnes détentrices du « même » PER peuvent avoir des droits de sortie très
différents selon d'où vient leur épargne. Sur un contrat qui a reçu des transferts,
cette lecture est le premier travail à faire.
Faire étudier votre situation
Vous lisez cette page parce que le sujet vous concerne. Dites-nous où vous en êtes : l'agence Allianz Nogaro & Boetti vous rappelle sous un jour ouvré, sans engagement, et part de votre situation réelle plutôt que d'une case cochée en ligne.
Déduire ou ne pas déduire : l'arbitrage d'entrée
Les versements volontaires sont déductibles du revenu imposable, dans la limite d'un
plafond d'épargne retraite propre à chaque contribuable. Ce plafond
figure sur votre avis d'imposition, il tient compte des versements des années
précédentes, et il peut dans certains cas être mutualisé au sein du foyer.
Le point mal connu est ailleurs : la déduction est une option, pas une
obligation. Vous pouvez y renoncer, et ce choix modifie la fiscalité à la
sortie.
Versements déduits à l'entrée : à la sortie en capital, la part
correspondant aux versements est imposée au barème de l'impôt sur le revenu, et les
gains suivent la fiscalité des placements.
Versements non déduits : la part correspondant aux versements
ressort sans imposition, et seuls les gains sont taxés.
Il n'existe pas de bonne réponse dans l'absolu. Tout dépend de votre taux
marginal d'imposition aujourd'hui comparé à celui que vous anticipez à la
retraite. Un dirigeant fortement imposé pendant ses dernières années
d'activité et qui le sera moins ensuite gagne à déduire ; l'inverse existe aussi, et
se rencontre plus souvent qu'on ne le croit.
Transférer un ancien Madelin
Les contrats Madelin ne se souscrivent plus, mais des milliers de dirigeants en
détiennent encore. Le transfert vers un PER est possible et il apporte une chose que
le Madelin n'offrait pas : la sortie en capital. Pour beaucoup, c'est
décisif — la rente viagère obligatoire était la principale critique adressée à
l'ancien dispositif.
Le transfert n'est pas pour autant automatiquement avantageux, et nous ne le
recommandons pas par principe. Trois éléments se regardent avant : les
garanties de prévoyance éventuellement adossées au contrat d'origine,
qui peuvent se perdre ; les frais comparés des deux contrats ; et la
table de rente garantie du contrat ancien, qui est parfois plus
favorable que ce qui se propose aujourd'hui.
Sortie en capital, en rente, ou les deux
À l'échéance — l'âge légal de départ à la retraite ou la liquidation effective de vos
droits —, vous choisissez, pour les compartiments qui le permettent : capital en une
fois, capital fractionné sur plusieurs années, rente viagère, ou une combinaison des
trois.
Ce choix n'est pas seulement fiscal, il est patrimonial. Le capital fractionné permet
d'étaler l'imposition sur plusieurs exercices. La rente viagère apporte une sécurité
que le capital n'offre pas — elle est versée jusqu'au bout, quelle que soit
la durée de vie — mais elle sort du patrimoine transmissible, sauf option de
réversion. Là encore, l'arbitrage se prépare quelques années avant l'échéance, pas le
mois du départ.
Les cas de déblocage anticipé
L'épargne est bloquée jusqu'à la retraite. La loi prévoit toutefois des sorties
anticipées, et il faut les connaître avant de souscrire plutôt qu'au moment où
l'accident survient :
décès du conjoint ou du partenaire de PACS ;
invalidité du titulaire, de son conjoint ou de ses enfants ;
situation de surendettement ;
expiration des droits à l'assurance chômage ;
cessation d'une activité non salariée à la suite d'une liquidation judiciaire ;
acquisition de la résidence principale — cas qui ne vaut pas pour
le compartiment des versements obligatoires.
Ces cas ne remplacent pas une prévoyance. Débloquer son PER après un
accident, c'est financer le présent avec la retraite : la somme sort une fois, et elle
manquera plus tard. Un contrat de prévoyance, lui, verse un revenu sans entamer
le capital constitué. Les deux sujets se traitent ensemble, jamais l'un à la place de
l'autre — voir notre page
prévoyance TNS.
PER et assurance vie : deux outils, deux usages
La question revient à chaque rendez-vous, et elle est mal posée : ce n'est pas l'un
ou l'autre.
PER
Assurance vie
Avantage à l'entrée
Déduction des versements sur option
Aucun
Disponibilité
Bloquée, hors cas prévus par la loi
Disponible à tout moment
Usage principal
Constituer un revenu de retraite
Épargne de précaution, projets, transmission
Horizon
La retraite
Libre
En pratique, la plupart des dirigeants que nous suivons utilisent les deux, avec des
montants et des horizons distincts : l'assurance vie pour ce qui doit rester
disponible, le PER pour ce qui ne le doit pas et qui gagne à être déduit. Le partage
entre les deux se fait au vu de votre situation, pas d'une règle générale.
Un point sort du champ de cette page et mérite d'être signalé, parce qu'il est presque
toujours passé sous silence : au décès, les deux enveloppes se transmettent hors
succession, mais elles ne regardent pas la même date. Le PER assurantiel dépend de
l'âge au décès, l'assurance vie de l'âge aux versements.
Deux voisines, deux dates de référence qui n'ont rien à voir. Notre page
assurance vie et transmission traite ce volet,
la clause bénéficiaire et le pivot des soixante-dix ans.
Trois situations qui reviennent
Les trois situations qui suivent sont des exemples pédagogiques, pas
des dossiers de l'agence. Elles ont un trait commun : dans aucune des trois, le
placement n'a mal fonctionné. C'est l'arbitrage initial qui manquait.
La revente qui ne finance pas la retraite
Un dirigeant a tout réinvesti dans son entreprise, en comptant sur la cession pour
sa retraite. Au moment de partir, le repreneur négocie, la valorisation est
inférieure à l'espérance et une partie du prix est différée sur plusieurs exercices.
La pension des régimes obligatoires, calculée sur une assiette longtemps optimisée,
ne compense pas l'écart.
Ordre de grandeur : un taux de remplacement très inférieur au
dernier revenu d'activité
La déduction prise sans arbitrage
Un professionnel déduit systématiquement ses versements pendant sa vie active.
À la retraite, ses revenus restent élevés — locatifs, dividendes, cession étalée — et
la sortie en capital s'ajoute à ces revenus l'année de sa perception. L'économie
d'impôt réalisée à l'entrée est en partie reprise à la sortie, faute d'avoir étalé ou
d'avoir renoncé à la déduction.
Ordre de grandeur : un gain fiscal net très inférieur à celui
anticipé
Le Madelin transféré trop vite
Un ancien contrat Madelin est transféré vers un PER pour la seule liberté de sortir
en capital. Le contrat d'origine comportait des garanties de prévoyance adossées et
une table de rente ancienne, plus favorable que celles proposées aujourd'hui. Les deux
disparaissent avec le transfert, sans retour possible.
Ordre de grandeur : une perte de garanties définitive, pour un
gain de souplesse
Aucune de ces trois situations ne se corrige après coup. Elles se préviennent avec deux
documents : votre avis d'imposition, qui donne le plafond disponible et le taux
marginal, et votre relevé de carrière, qui donne l'écart réel à combler.
Ce qui fait varier le coût
Nous ne publions pas de fourchette, et sur ce sujet la question n'est pas d'abord le
tarif mais la structure des frais et l'allocation retenue. Ce qui pèse réellement :
les frais : sur versement, de gestion annuelle, d'arbitrage, et ceux propres à chaque support ;
l'allocation retenue, entre fonds en euros et unités de compte, et l'horizon jusqu'à la retraite ;
la gestion choisie : pilotée à horizon, ou libre ;
la régularité des versements, plus déterminante que leur montant ;
pour un PER d'entreprise, l'effectif et le niveau d'abondement décidé ;
les garanties complémentaires éventuellement adossées au contrat.
Ce sont votre avis d'imposition et votre relevé de carrière qui donnent la réponse,
jamais une grille : à revenu identique, deux dirigeants n'ont ni le même plafond
disponible, ni le même écart à combler. Nous les regardons ensemble au premier
rendez-vous, sans engagement.
FAQ — 10 questions sur le PER et la retraite du dirigeant
Qu'est-ce qu'un PER et qu'a-t-il remplacé ?
Le plan d'épargne retraite est le dispositif unique issu de la loi PACTE. Il a remplacé, pour les nouvelles souscriptions, le contrat Madelin, le PERP, l'article 83 et le PERCO. Il se décline en trois formes : un PER individuel, ouvert à tous, et deux PER d'entreprise, l'un collectif et facultatif, l'autre obligatoire pour une catégorie de personnel définie.
Quelle différence entre PER individuel, collectif et obligatoire ?
Le PER individuel se souscrit librement, par n'importe qui, salarié ou non. Le PER d'entreprise collectif est ouvert à tous les salariés, l'adhésion reste facultative et il accueille l'épargne salariale. Le PER d'entreprise obligatoire s'impose à la catégorie de personnel visée par l'acte qui le met en place, et reçoit des versements obligatoires de l'employeur, du salarié, ou des deux.
Mes versements sont-ils déductibles de mon impôt ?
Les versements volontaires sont déductibles du revenu imposable, dans la limite d'un plafond d'épargne retraite propre à chaque contribuable — il figure sur votre avis d'imposition et tient compte des versements des années précédentes. La déduction n'est pas obligatoire : vous pouvez y renoncer, ce qui change la fiscalité à la sortie. C'est un arbitrage à faire dès l'ouverture, pas après.
Un contrat Madelin peut-il être transféré vers un PER ?
Oui, et c'est fréquemment l'occasion de reprendre le sujet à zéro. Le transfert fait entrer l'épargne dans le régime du PER, avec ce qu'il apporte de souplesse — notamment la possibilité de sortir en capital, que le Madelin n'offrait pas. Il n'est pas automatiquement avantageux : il se décide au vu des garanties, des frais et de la table de rente du contrat d'origine.
Puis-je sortir en capital ou suis-je obligé de prendre une rente ?
Pour les versements volontaires et l'épargne salariale, vous choisissez à l'échéance : capital en une fois, capital fractionné, rente viagère, ou une combinaison. Pour le compartiment alimenté par des versements obligatoires, la sortie se fait en rente. C'est l'un des apports majeurs du PER par rapport aux dispositifs qu'il a remplacés.
Comment le capital est-il imposé à la sortie ?
Le traitement dépend de ce que vous avez décidé à l'entrée. Si les versements ont été déduits, leur restitution est imposée au barème de l'impôt sur le revenu et les gains suivent la fiscalité des placements. Si vous avez renoncé à la déduction, la part correspondant à vos versements ressort sans imposition et seuls les gains sont taxés. Il n'y a pas de bonne réponse dans l'absolu : cela dépend de votre taux marginal, aujourd'hui et à la retraite.
L'épargne est-elle bloquée jusqu'à la retraite ?
En principe oui, mais la loi prévoit des cas de déblocage anticipé : décès du conjoint ou du partenaire de PACS, invalidité du titulaire, de son conjoint ou de ses enfants, surendettement, expiration des droits à l'assurance chômage, cessation d'activité non salariée à la suite d'une liquidation judiciaire. S'y ajoute l'acquisition de la résidence principale, qui ne vaut pas pour le compartiment des versements obligatoires.
PER ou assurance vie : que choisir ?
Ils ne servent pas au même usage. Le PER apporte un avantage fiscal à l'entrée, en contrepartie d'un blocage jusqu'à la retraite hors cas prévus par la loi. L'assurance vie reste disponible à tout moment, sans avantage à l'entrée, et joue un rôle propre dans la transmission. La plupart des dirigeants que nous suivons utilisent les deux, avec des montants et des horizons distincts.
Le PER a-t-il un intérêt pour mes salariés ?
Oui, à double titre. Un PER d'entreprise permet d'accueillir l'intéressement, la participation et l'abondement dans un cadre social et fiscal favorable, ce qui en fait un outil de rémunération différée moins coûteux qu'une augmentation. Et sur des métiers en tension, c'est un élément d'attractivité lisible, au même titre que la complémentaire santé.
À partir de quel montant cela vaut-il la peine ?
La question ne se pose pas en montant mais en régularité et en horizon. Un versement modeste et constant sur quinze ans produit davantage qu'un effort tardif et important, et l'avantage fiscal se mesure à votre taux marginal d'imposition, pas à la somme versée. C'est précisément ce que nous chiffrons ensemble, à partir de votre avis d'imposition et de votre relevé de carrière.
Faire étudier votre situation
Vous lisez cette page parce que le sujet vous concerne. Dites-nous où vous en êtes : l'agence Allianz Nogaro & Boetti vous rappelle sous un jour ouvré, sans engagement, et part de votre situation réelle plutôt que d'une case cochée en ligne.
Quel est votre plafond d'épargne retraite disponible ?
Il figure sur votre avis d'imposition, et presque personne ne le regarde. Apportez-le,
avec votre relevé de carrière et vos contrats en cours : en un rendez-vous, nous vous
dirons ce que vous pouvez déduire cette année et ce qu'il reste réellement à combler.
Sans engagement.
Ce rendez-vous n'a pas besoin d'avoir lieu dans une agence. Nous
venons dans vos bureaux, et si vous le souhaitez en présence de votre
expert-comptable : l'arbitrage entre déduire et ne pas déduire se prend au vu de
votre situation fiscale d'ensemble, pas du seul contrat.